De quoi je me mêle ? C‘est la question qu’on est en droit de poser à la vice-Première ministre et ministre de l’Industrie, des Entreprises et de l’Énergie (ouf !), et par ailleurs, présidente des Chrétiens-démocrates, l’inénarrable Mme Ebba Busch. Au nom de quoi cette super ministre avance-t-elle l’idée que l’État devrait reprendre le contrôle des territoires samis au prétexte que les intérêts économiques du royaume dépassent aujourd’hui les questions uniquement relatives à l’élevage de rennes ? Le sous-sol des territoires samis regorgent de minerais, fer, métaux de base, terres rares, lithium, cobalt, nickel, etc., etc., d’où la proposition sulfureuse de la responsable de l’Industrie. Une approche en roue libre nonobstant totalement l’existence même des Sames et leurs terres !
Sacrifiés les autochtones et leur culture sur l’autel du profit de la souveraineté économique européenne ! Les quelque 17 000 Sames qui ne vivent certes pas tous en Laponie, apprécieront. Cette attitude hautement condescendante risque fort de jouer en la défaveur de le cheffe de parti en fédérant les défenseurs des droits de l’Homme et du droit International. À quelques mois des élections générales, une initiative qui pourrait mettre à mal les chances d’une reconduite aux affaires. Un enjeu électoral dont les Chrétiens-démocrates n’ont sans doute pas mesuré l’entière portée.
À propos de l’histoire des Sames, il est bon de rappeler que les Suédois ont signé la Convention de 1989 relative aux peuples indigènes et tribaux de l’Organisation Internationale du Travail mais qu’ils ne l’ont jamais ratifiée. Leurs voisins norvégiens l’ont fait, par exemple ! Les Suédois ont toujours traîné leurs sabots pour accorder leur plein droit aux Sames. Il n’y a pas encore si longtemps, les Suédois parlaient des Lapons (guenille, lavette en suédois) en les évoquant. La Laponie est toujours une province. Au début du XXème siècle, les « experts » de l’Institut de biologie raciale d’Uppsala estimaient que les Lapons étaient apparentés à l’archétype de l’idiot du village.
Erreur politique calculée ou bourde involontaire, Mme Busch n’est pas près d’être en odeur de sainteté chez les Samis. Elle aura du mal à déminer ses propos.
